le drneir jour d'un condamn

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????? le drneir jour d'un condamn

   khaliddo 17, 2013 12:43 pm

le derneir jour d'un condamn
Victor Hugo (1802-1885)
lecture analytique du chapitre II
Introduction : Le condamn est dtenu depuis cinq semaines Bictre, il raconte le procs et dans cet extrait plus prcisment linstant du verdict. Le procd utilis dans la narration est le retour en arrire ou analepse car le narrateur replonge dans son pass alors que lcriture de son journal est plus largement au prsent. En prison, le condamn repasse dans sa mmoire les journes du jugement en aot et raconte le jugement dans son journal intime fictif.
I DE LASPECT DOCUMENTAIRE A LA CRITIQUE VOILEE DE LA JUSTICE
1 Lancrage du procs dans le rel : un jugement sous la Restauration
Champ lexical de la justice : avocat, prmditation, travaux forcs perptuit, sentence, jurs, prsident, greffier, tribunal, verdict, peine, procureur gnral, juges.
Le procs est public de mme que lexcution.
Lavocat plaide les travaux forcs et veut carter la prmditation. Le narrateur soppose son avocat car il est inconscient de la gravit de la peine quil risque mais aussi car sous la Restauration les bagnes situs sur les ctes franaises accueillent les dtenus pour excuter des travaux pnibles car la prison soit la privation de libert est entre depuis peu dans les murs (avant la Rvolution et la Dclaration des droits de lhomme et du citoyen : confusion entre les hpitaux, forteresses). Les conditions de dtention sont trs pnibles (malnutrition, salet, humidit) ce qui entrane une surmortalit. La ralit du chtiment (prison, bagne, condamnation) est dcrite de faon prcise et sinscrit dans des lieux.
2 La critique voile de la justice
Lavocat vient de manger copieusement. Il apparat donc comme un tre indiffrent.
Le lecteur assiste au procs o les personnes incarnant la justice se comportent de manire totalement indiffrente comme sils accomplissaient leur travail machinalement et mcaniquement. Les juges dcident denvoyer quelquun la mort comme sil sagissait dune dcision banale et sans importance. Ils ne sont pas prsents comme cruels ou mchants mais comme indiffrents. Cest donc leur insouciance, leur inconscience qui est rvoltante. Ils ont lair satisfait , ils nont quune seule envie celle de dormir. Ces bons bourgeois accompagns de la foule sont compars une machine de guerre excutant toujours le mme geste. Ce dbut duvre apparat demble subjective, non neutre. Lauteur dvoile peu peu son engagement par lintermdiaire du narrateur du journal qui ne parvient pas comprendre que des tres humains puissent condamner mort un autre tre humain avec autant dindiffrence.
NB : Sur le mode satirique, les juges vtus de pourpre se chargent de haillons ensanglants p. 63 parce quils prononcent la peine de mort, ce qui leur te toute dignit.
II LA MORT SYMBOLIQUE DU CONDAMNE A LANNONCE DU VERDICT
1 Le renversement de situation
Lannonce est diffre car le narrateur ne dit pas directement quelle peine il est condamn, cest le cri de la foule qui lindique. Seule la sueur froide est un indice de la gravit de la peine et de la prise de conscience du narrateur. Le narrateur quitte alors le Palais de Justice pour se diriger vers la prison de Bictre.
Ses sentiments et motions sont donc dune extrme violence. Physiquement, il est incapable de parler. Langoisse se traduit par un grand abattement. Il passe de lesprance au dsespoir.
En entendant le verdict, le condamn subit un choc dautant plus violent quil ne sy tait pas prpar : Une rvolution venait de se faire en moi . Le mot rvolution est utilis dans son sens fort de changement radical de situation, de renversement : il passe de la vie la mort.
Il stablit, dit-il, comme une clture entre le monde et moi. Rien napparaissait plus sous le mme aspect quauparavant. Rupture mentale et spatiale : il se sent alors profondment seul car la mort lisole du monde et il sy sent dj tranger. La rupture est aussi temporelle car le narrateur oppose lavant procs et laprs. Il se sent donc dsormais tranger au monde des vivants.
2 Une mort symbolique
La jolie plante jaune jouant avec le vent dans la fente de la pierre semble faire signe au prisonnier, comme si elle tait un tre sensible et dj une me. Cette petite plante qui russit pousser dans les murs sombres du Palais de Justice reprsente le modeste triomphe de la vie et de lesprance. La sentence de mort est alors inconcevable. De mme, lt et le soleil ne sont pas rattachs la mort symboliquement donc le narrateur carte cette ide. Et tout naturellement quand langoisse crot, il se tourne de nouveau vers la petite fleur jaune au soleil .
Le verdict entrane un choc modifiant radicalement sa perception du monde. Du coup, la fleur devient blanche comme un linceul. Cette vision est macabre mais galement fantastique car elle est surnaturelle. De la mme faon, tout coup, la foule est perue comme une horde de fantmes et le monde semble mourir autour de lui : tout devient blanc blafard. Sa vision du monde est alors transforme et suscite la peur chez le narrateur et le lecteur. Sa mort symbolique provoque la mort de tout ce qui lentoure.
Cette mort symbolique entrane la nostalgie de linsouciance lorsquil ne savait pas le verdict o il vivait comme tous les hommes. Dsormais, il est marqu par la diffrence, il se sent loin des hommes et il livre ses sentiments exacerbs. Le thme de la nostalgie et de lpanchement des sentiments sont deux thmes romantiques.
Conclusion : ce passage est intressant dun point de vue documentaire sur le fonctionnement de la justice au dbut du XIX sicle, cependant, on saperoit dj que derrire le rcit se cache une argumentation indirecte contre la peine de mort travers ces personnages prsents comme indiffrents face la peine de mort. De plus, le verdict semble symboliser la premire mort du condamn : cest une mort mtaphorique qui entrane une vision du monde tirant vers le fantastique.


khaliddo



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: 17/04/2013

    

      


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